La Morale ou la Conscience : Le prix de notre liberté

par | 27 Mai, 2026

 

Récemment, lors d’une discussion avec un homme qui s’interrogeait sur ma pratique, une phrase est tombée comme un couperet : « Ce genre de massage est synonyme de tromperie… au regard de la morale. »

Ce n’est pas la première fois, c’est d’ailleurs quelque chose de récurrent.

Ce genre de remarque me fait sourire, non pas par mépris, mais parce qu’elle illustre parfaitement ce décalage entre deux mondes : celui de la règle subie et celui de la présence vécue.

 

Qu’est-ce que « la morale » ?

 

La morale est un ensemble de codes hérités, imposés par la société, la religion ou l’éducation. C’est un manuel de « bon fonctionnement » qui nous vient de l’extérieur.

Elle décrète souvent depuis très longtemps (et on ne sait pas trop d’ailleurs depuis quand…) ce qui est bien ou mal, sans tenir compte de ce qui vibre à l’intérieur de nous.

Sans compter que cette morale est profondément changeante et très géolocalisée : ce qui est jugé comme une « vertu » d’un côté de la planète est souvent condamné comme un « péché » de l’autre.

Comment pourrions-nous confier notre boussole intérieure à des règles aussi instables ?

Ma mère, avec cet esprit rebelle qui la caractérise, résumait cela d’une formule magique qu’elle m’a souvent dite : « La morale et ses principes bourgeois, ridicules et qui coûtent cher. »

Elle avait tellement raison. Ces principes sont ridicules parce qu’ils tentent d’enfermer l’immensité de l’énergie vitale dans des petites boîtes convenables. Et cela nous coûte très cher. La morale et ses principes nous coûtent notre authenticité, nos élans spontanés, et cette capacité à honorer le Vivant en nous et en l’autre, sans fard ni faux-semblants.

 

La camisole de force du « Vivant »

 

Pour beaucoup, la morale agit comme une véritable camisole de force. Elle nous bloque dans nos élans, nous fait avoir honte de notre corps et nous coupe de notre vitalité. Le prix de cette « bienséance » est EXORBITANT !! : il nous coûte notre joie et notre spontanéité.

À force de vouloir être « convenables », de vouloir correspondre à des standards, des attentes, nous finissons par devenir étrangers à nous-mêmes.

Mais au milieu de ces principes, il existe une seule constante, une seule vérité qui ne varie jamais : le Vivant. Le frisson de la peau, la chaleur du sang, le flux de l’énergie vitale… ces réalités sont les mêmes pour chaque être humain. Écouter le Vivant, c’est retrouver un langage bien plus ancien et bien plus pur que toutes les morales du monde.

Mais encore faut-il l’écouter…

 

La déconstruction : Personne n’appartient à personne

 

Dans cette vision dont me parlait cet homme au téléphone, il y avait aussi cette idée tenace, presque invisible tant elle est ancrée : celle de la possession. L’idée que, dès lors que nous sommes en couple, le corps de l’autre nous appartient.

Quelle erreur tragique que de penser que le corps de l’autre est une propriété exclusive, au point que le moindre souffle ou le moindre toucher sacré devienne un « vol ».

Le chemin vers la souveraineté commence par cette déconstruction libératrice : personne n’appartient à personne.

Mon corps est mon premier et mon dernier sanctuaire.

Le corps de l’autre est un temple où je suis invité, parfois, mais dont je ne détiendrai jamais les clés.

Réapprendre que l’autre est un être libre, c’est redécouvrir la valeur du « Oui ». Chaque contact, chaque rencontre avec le Vivant devient alors un cadeau précieux, et non un acte de propriété déguisé en fidélité.

 

Osho, le Tantra et la Voie de la Liberté

 

C’est ici que la vision d’Osho et la sagesse du Tantra prennent tout leur sens. Le Tantra ne nous demande pas d’être « bons » selon des critères extérieurs, il nous demande d’être conscients.

Le massage tantrique ou taoïste n’est pas une « prestation » que l’on consomme. C’est un art sacré, une méditation. Là où la morale analytique voit un acte sexuel, la conscience voit une circulation d’énergie. Le plaisir n’est pas une fin en soi, c’est le carburant qui permet d’apaiser notre système nerveux, de traverser nos blindages, de fissurer le béton de nos conditionnements et de retrouver notre souveraineté.

 

Remettre du Vivant dans nos vies modernes

 

On voit bien aujourd’hui que cette morale rigide a emmené la société occidentale droit dans le mur. Nous redécouvrons, presque avec surprise, que les personnes qui vivent proches de la nature sont plus saines, moins fragmentées psychologiquement et physiquement.

Mais que faire ? Nous n’allons pas tous quitter nos vies modernes pour retourner vivre en tribu dans la forêt. La question n’est pas de vivre comme les peuples premiers, mais de retrouver ce qu’ils n’ont jamais perdu : le lien direct avec le Vivant.

Remettre du Vivant dans sa vie, ce n’est pas changer de décor, c’est changer de regard. C’est accepter que notre corps ne soit pas une machine soumise à des codes, mais une partie de la Nature elle-même.

 

Venez comme vous êtes : Vers un espace de sécurité

 

Sortir de sa camisole ne se fait pas en un jour, et cela demande un cadre. C’est ce cadre de sécurité que je m’efforce de construire à chaque instant dans l’intimité d’une séance individuelle à Montpellier. Mais aussi, avec Michel, dans la simplicité d’un Apéro-Rencontre « Petit Planteur » sur la plage, ou lors de nos stages en immersion, nous créons des bulles de liberté.

Dans ces espaces, les « principes bourgeois » et la bien-pensance restent à la porte pour laisser toute la place à la rencontre authentique. Vous pouvez enfin déposer les masques, réapprendre à habiter votre corps sans honte et explorer la beauté de la vie qui circule.

Je ne suis pas d’accord avec le fait d’imposer des règles de vie à l’autre.

La seule règle qui vaille, c’est celle de la conscience et de la vérité. En cela, la philosophie taoïste et son devoir de désobéissance ont fait un écho fabuleux en moi !

Si vous sentez que votre camisole devient trop étroite et que vous voulez enfin arroser les fissures de votre béton intérieur, je vous invite à nous rejoindre pour ce voyage de retour vers vous-même.

 

Virginie Menneteau