Le Plaisir n’est pas un gros mot…

par | 23 Jan, 2026

Le plaisir n’est pas un gros mot.
Je le dis souvent en conférence, et je le redis ici.

Dans notre société, le plaisir est devenu suspect.
On l’associe presque automatiquement et uniquement à la sexualité, au débordement, à l’excès, parfois même à la faute.
Alors on l’édulcore, on le cache, on évite le mot.
Même dans le monde du massage, même dans les espaces dits “conscients”.

Et pourtant…
Le plaisir est une expérience fondamentale du vivant.
Un corps vivant ressent.
Un corps vivant vibre, frémit, s’ouvre, se détend, s’anime.

Le plaisir n’est pas un objectif à atteindre,
C’est une réponse naturelle du corps quand il se sent en sécurité, accueilli, respecté.
La lenteur donne du plaisir.
La douceur donne du plaisir.
La présence donne du plaisir.
L’écoute profonde donne du plaisir.

Et surtout : le plaisir est une information.
Il nous indique ce qui nous nourrit, ce qui nous fait du bien, ce qui ouvre notre cœur et fait circuler notre énergie.
Il révèle nos besoins, nos limites, nos élans, et nous guide vers ce qui est juste pour nous à chaque instant.

Si un massage n’apportait aucun plaisir…
ce ne serait plus un massage, ce serait une contrainte.
(Et personne ne viendrait s’y offrir.)

Pourquoi avons-nous si peur du mot “plaisir” ?
Parce que beaucoup confondent encore plaisir et plaisir sexuel.
Parce que le plaisir du corps a longtemps été nié, contrôlé, moralement jugé.
Parce que certaines personnes projettent leurs fantasmes là où il n’y a qu’un espace de soin, de lenteur et de conscience.

Alors, par peur des demandes déplacées, beaucoup choisissent de ne plus utiliser certains mots dans leur communication : plaisir, sensualité…
Je comprends cette fatigue, cette prudence.
Mais je refuse de réduire mon travail, de me censurer ou de limiter ma parole à cause de celles et ceux qui, de toute façon, ne cherchent pas à comprendre.

Pour ma part, j’ai choisi une autre voie : nommer les choses clairement, assumer mon langage et poser mon cadre avec confiance.
Je n’ai pas peur de parler du plaisir.
Je sais poser mon cadre.
Je sais poser mes limites.
Je sais dire oui, et surtout dire non.
Et je sais que ce n’est pas le mot plaisir qui attire les confusions,
mais l’énergie de la peur, du flou ou du non-dit.
Nommer clairement les choses, c’est assainir le champ.
C’est créer un espace juste, sécurisé, aligné.

Le massage tantrique : ressentir un plaisir qui ouvre

Oui, certaines personnes viennent “pour passer un bon moment”.
Et c’est très bien ainsi.
Car souvent, elles découvrent en chemin autre chose :
• Une émotion qui remonte,
• Un cœur qui s’ouvre,
• Une respiration qui s’approfondit,
• Une reconnexion à elles-mêmes.

Et c’est tout un nouvel univers qui s’ouvre.

Le massage tantrique n’enlève rien au plaisir.
Il lui redonne de la profondeur.
Il permet au plaisir de circuler dans tout le corps,
de ne pas se figer,
de ne pas se réduire,
de devenir un langage du vivant.

Une spiritualité incarnée

Pour moi, l’éveil de conscience ne passe pas par le rejet du corps.
Il passe par son écoute.
Par sa réhabilitation.
Par l’autorisation de ressentir.

Le plaisir n’est pas l’opposé de la conscience.
Il en est souvent la porte d’entrée.

Et je fais le pari que les femmes et les hommes qui me lisent sont suffisamment intelligents, sensibles et conscients pour entendre cette nuance.

Le plaisir n’est pas un gros mot.
C’est une voie de retour à soi.
C’est une information.
C’est une expérience fondamentale du vivant.

Virginie Menneteau
22 janvier 2026